Depuis la réouverture au public post-COVID et la création de la catégorie Hypercar, qui a ramené la plupart des grands constructeurs en Endurance, la semaine mancelle est redevenue un incontournable pour les services de communication de ces derniers.
La création du "Village constructeurs" par l'ACO a également participé à cet état de fait et les futurs modèles de compétitions ou de série sont désormais exposés durant toute la semaine mancelle.
Ayant eu, cette année, la possibilité de me rendre aux essais durant la semaine, je vous propose une petite balade, en marge de l'épreuve reine, du Musée au Village, en passant par les courses supports.
Les deux articles précédents autours de l'édition 2025 des 24 heures du Mans sont visibles ici pour les Hypercars et là pour les plateaux LMP2 et LMGT3.
Comme toujours, pour voir les photos en grand format, n'hésitez pas à faire un clic droit sur la souris et à les "ouvrir dans un nouvel onglet".
Au Musée des 24 Heures du Mans.
Toyota fêtait le quarantième anniversaire de sa première participation aux 24 Heures du Mans et, dans ce cadre, plusieurs modèles emblématiques de l'histoire de la marque d'Aichi en Endurance étaient présents dans l'enceinte du circuit. La fabuleuse Toyota TS 020 "GT-One" #LM802 avec laquelle Thierry Boutsen, Ralf Kelleners et Geoff Lees abandonnèrent à la 23ème heure lors des 24 Heures du Mans 1998, lorsque la boite de vitesse décida que la victoire allait leur échapper, habituellement conservée dans le musée du Gazoo Racing à Cologne, avait fait le déplacement dans la Sarthe.
La Lancia Stratos HF Turbo avec laquelle Christine Dacremont et Marianne Hoepfner renoncèrent à la cinquième heure sur casse moteur lors des 24 Heures du Mans 1977 vient d'intégrer la collection permanente du musée.
Autre très bonne nouvelle, puisque la Rondeau M379 B #003 victorieuse des 24 Heures du Mans 1980 aux mains de Jean Rondeau et Jean-Pierre Jaussaud, récemment proposée à la vente, sera désormais elle aussi préservée dans le cadre de la collection permanente du musée du Mans.
J'en ai également profiter pour admirer cette McLaren M28C, a priori la M28-2 qui aurait changé de livrée, et avec laquelle le regretté Patrick Tambay participa à une partie de la saison F1 1979. Elle était absente lors de ma visite de l'exposition "McLaren: A name for eternity", engagée au GP de France Historique pour permettre à Aurélien Tambay de rouler sur une des montures de son père.
Une version "publicitaire" ou un des châssis participant habituellement au Championnat WEC de la McLAREN 720S GT3 Evo pilotée lors de la course par Marino Sato, Darren Leung et Sean Gelael était exposée dans le hall. Pour rappel, l'équipage quittera la ronde à la sixième heure sur bris de transmission.
Le village Construceur, le Village et les hospitalités.
Toujours dans le cadre des festivités organisées autours des noces d'émeraude entre Toyota et la classique mancelle, la Tom's 85C qui termina douzième des 24 Heures du Mans 1985 aux mains de Satoru Nakajima, Masanori Sekiya et Kaoru Hoshino était présentée sous un dôme géodésique du plus bel effet.
La Toyota TS030 Hybrid, l'auto qui permis à Toyota de faire son retour en prototype en 2012. Le châssis présenté est, à priori le #12-02, qui remporta les trois victoires de la marque cette année là, aux 6 Heures d'Interlagos, de Fuji et de Shangaï. Elle est ici présentée dans sa livrée de sa victoire japonaise, pilotée alors par Alexander Wurz, Nicolas Lapierre et Kazuki Nakajima, le natif d'Okazaki étant absent les deux autres fois.
Toyota avait évidement également amené la TS050 Hybrid #18-09, l'auto qui apporta enfin la victoire au constructeur japonais, lors des 24 heures du Mans 2018, grâce à Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Fernando Alonso. Elle est conservée depuis dans l'état dans lequel elle a passé la ligne d'arrivée.
McLaren présentait sa future Hypercar, une LMDh prévue pour affronter la saison WEC 2027. Sa robe, qui reprend l'orange "papaye" emblématique de la marque de Woking est associé au noir de la F1 GTR victorieuse en 1995. De nombreux "codes chiffrés" emmaillent sa livrée, à l'image du 134513 sur son aile avant gauche, correspondant aux positions des F1 GTR à l'arrivée des 24 Heures du Mans 1995.
Genesis, la marque premium du constructeur coréen Hyundai, va faire son arrivée en Hypercar dès l'année prochaine grace à la GMR-001, basée sur un châssis Oreca et par le biais du Genesis Magma Racing.
Le constructeur de Séoul présentait également la Genesis X Gran Racer Vision, une concept car développée pour le jeu Grand Turismo autour d'une optimisation de l'effet de sol.
Mercedes, qui fait son retour en LMGT3 par le biais d'Iron Lynx, rendait hommage à son histoire en présentant, mal et de façon trop étriqué, la Sauber C9/88 #88-C9-04 avec laquelle Mauro Baldi, Gianfranco Brancatelli et Kenny Acheson qui termina seconde des 24 Heure du Mans 1989 et avec laquelle le britannique navigua à 400 km/h aux essais. Un tel bijou méritait au moins plus d'espace pour la mettre en valeur.
Chez BMW, une version "publicitaire" de la M Hybrid "Shell" était mise en valeur. Je n'ai pas d'infos sur le châssis, peut être une auto de l'année dernière redécorée ou une venant du WEC? Celle qui était en piste pour les 24 Heures du Mans 2025, la #P22B 007 confiée à René Rast, Robin Frijns et Sheldon Van der Linde terminera 17ème après bien des soucis.
Difficile de comprendre pourquoi BMW présente le cinquantenaire de ses ArtCar avec un an d'avance. Cette année, c'est la BMW 3.5 CSL Turbo #2275980 "Millimétrique" décorée par Frank Stella en 1976 qui était mise en avant. Pilotée par Brian Redman et Peter Gregg, elle abandonna à la quatrième heure sur fuite d'huile.
Chez Peugeot, dans le village, était présentée une 9X8 en version "rouge", bien mise en valeur la nuit par une lumière adaptée.
Sur le stand des Iron Dames était exposée une Porsche 911 GT3 R (992) dans sa version course. En piste, Sarah Bovy, Rahel Frey et Celia Martin termineront 48ème et dernière en LMGT3 suite à des soucis avec la boite de vitesse.
A l'hospitalité Ford, une Mustang Challenge était mise en valeur.
A l'entrée de l'hospitalité Aston Martin, c'est une de rares supercar hybride Valhalla qui trônait, bien protégée par deux cerbères peu enclin à discuter..Dommage.
Alpine avait décidé de présenter son Alpenglow Hy6 en piste. La dernière version du concept car français à hydrogène a un son magnifique et semble de plus en plus performante.
Au Porsche Expérience Center.
A l'entrée du PEC, une des nombreuses maquettes de la Porsche 963 donnait le ton et l'ambiance lumineuse.
A l'intérieur, la Porsche 917 030, celle qui sera longtemps l'auto du Comte Rossi et qui assurait la tournée promotionnelle de la 963 RSP avait un espace dédié.
L'occasion également de présenter la Porsche 992 GT3 RS Manthey, considérée par tous comme la plus radicale de la série.
Ambiance.
Aux dires de la plupart des spectateurs, il semble que l'Aston Martin Valkyrie, ici la 004 de Tom Gamble, Ross Gunn et Harry Tincknell, qui terminera quatorzième, soit la meilleure participante à la bande son 2025.
Cette année la "Golden Hour" a fait son apparition durant l'Hyperpole, ici la Ferrari 499P #12 28 P d'Antonio Fuoco, Miguel Molina et Nicklas Nielsen qui sera finalement déclassée à l'issue de la course et perdra sa quatrième place finale.
Il illustrait la présence de Maranello cette année. SI quelqu'un a des infos sur son identité, je suis preneur.
Le Mans, la nuit.
Quoi de plus représentatif pour illustrer l'ambiance mancelle que de mettre en avant des photos prises de nuit, d'autant que cette année encore, un superbe feu d'artifice, agrémenté d'un spectacle de drones, a été tiré le samedi soir.
L'épreuve n'aura été neutralisé qu'une seule fois cette année, suite à la sortie de piste de Cem Bolukbasi sur l'Oreca 07 du Nielsen racing qui termina sa course dans le mur de pneus du tertre Rouge peu avant la mi-course. La LMP2 ne repartira pas.
La course reprendra ensuite ses droits, la Ferrari 296 GT3 Vista AF Corse de François Heriau, Simon Mann et Alessio Rovera donnant encore l'illusion de pouvoir s'imposer en LMGT3 au gré des ravitaillements de la Porsche 911 GT3 R du Manthey 1st Phorm. Il n'en fût rien, Ryan Hardwick, Richard Lietz et Riccardo Pera s'imposant dans la catégorie avec une confortable avance à l'arrivée.
Même si sa déco évolue par petites touches d'années en années, j'ai toujours un réels coup de cœur esthétique pour Spike le Dragon, l'Oreca 07 #125. A son volant, P.J. Hyett, Dane Cameron et Louis Delétraz remportent le ProAm et terminent sur la troisième marche du Podium de la catégorie.
De nouveaux aménagements ont été réalisés par l'ACO à l'intérieur du Virage Porsche. La proximité de la piste y permet de faire des photos de nuit assez sympa, à l'image de celle-ci, montrant la Porsche GT3 R Iron Dames de Sarah Bovy, Rahel Frey et Celia Martin
Le Road to Le Mans.
Deux courses de la formule étaient organisées durant la semaine mancelle, la première manche, disputée le jeudi en fin d'après-midi, a vue la victoire d'Adrien Closmenil et Theodor Jensen sur leur Ligier JS P325 Toyota en LMP3.
Steve Jans et Anthony Bartone imposent leur Mercedes-AMG GT3 dans la catégorie durant cette première course.
La seconde course, courue en levé de rideau des 24 Heures, le samedi matin, verra la victoire de Léna Bühler et Matteo Quintarelli sur la Ligier JS P325 Toyota 23Events Racing en LMP3.
En GT3, c'est cette fois Heiko Neumann et Lukas Dunner qui l'emporte au volant de leur coupé Mercedes AMG du Team Motopark.
Petit coup de cœur avec la très belle et très flashy Porsche 911 GT3 R Ebimotors pilotée par Fabrizio Broggi et Sergiu Nicolae.
Le Porsche Sprint Challenge.
Les deux catégories qui constituent le Porsche Sprint Challenge, nouvelle mouture de la Carrera Cup, étaient regroupées lors des deux courses mancelles. L'occasion de voir de superbe livrées. Pour ce qui est de la Cup Series, qui regroupe les 992 , 991 et 997 GT3 Cup et 911 GT3 R, la 992 S ABM de Victor Blugeon, qui remportera la course 2, sortait du lot.
D'autres, à l'image de la Porsche 992 M Ancel Motorsport d'Hervé Tremblay, qui passera la ligne au 28ème rang au général de la course 1 et 11ème de sa classe, reprennent des couleurs iconiques de la marque de Stuttgart.
La Sport Cup Series regroupe les 718 Cayman GT4 RS ClubSport, Cayman GT4 ClubSport (718 et 981) et 996 GT3 Cup. Ici le superbe Cayman GT4 RS-S Rempp Racing de Luc Remmy qui finira 60ème de la première manche
Splendide également, le Porsche Cayman GT4 RS-M Glinche Racing de Jean Pierre Cardia qui passera la ligne au 6ème, puis au quatrième rang de la sa classe lors des deux courses.
Il est à noter que la première manche du Porsche Sprint Challenge, courue le jeudi en début d'après-midi, a été interrompue au drapeau rouge un long moment suite à ce strike sous la Dunlop.
Dans le Saint des Saints.
Pour terminer, je vous propose une petite vue de la Salle de Presse, qui va bientôt déménager et être mise aux standards actuels.
L'occasion également d'accéder quelques minutes au Saint des Saints, la loge de l'annuel des 24 Heures du Mans, et de pouvoir observer Jean-Marc Teissedre en pleine prise de note pour le prochaine mouture du célèbre ouvrage. Un moment très émouvant pour moi et qui renforce encore le profond respect que je peux éprouver envers cette légende du journalisme automobile.
Je tiens a remercier chaleureusement la personne qui m'a invité en Salle de Presse et qui se reconnaitra.
Les deux autres articles consacrés aux 24 Heures du Mans 2025 sont disponible ici pour celui concernant les Hypercars, et ici pour celui concernant les LMP2 et les LMGT3.